Lorsque vous travaillez en intérim, votre rémunération ne se limite pas forcément au salaire correspondant aux heures travaillées. À la fin de votre mission, vous pouvez également percevoir une indemnité de fin de mission (IFM), souvent appelée « prime de précarité ».
À quoi correspond l’IFM en intérim ? Quel est son montant ? Comment calculer les 10 % d’IFM ? Quand est-elle versée et existe-t-il des situations dans lesquelles elle n’est pas due ?
Voici l’essentiel à connaître pour mieux comprendre votre rémunération en fin de mission.
1. Qu’est-ce que l’IFM en intérim ?
L’indemnité de fin de mission, ou IFM, est une somme versée au salarié intérimaire à l’issue de sa mission afin de compenser le caractère temporaire de son emploi.
Elle vient donc s’ajouter à la rémunération brute perçue pendant la mission.
Le principe est prévu par l’article L1251-32 du Code du travail : lorsqu’un intérimaire arrive au terme de sa mission et ne bénéficie pas immédiatement d’un CDI avec l’entreprise utilisatrice, il a en principe droit à cette indemnité.
2. Quel est le montant de l’IFM ?
Dans le cas général, l’IFM est égale à 10 % de la rémunération totale brute due au salarié pendant sa mission, renouvellement compris.
Le calcul de base est donc relativement simple :
IFM = rémunération totale brute de la mission × 10 %
Il faut bien retenir que le calcul est effectué à partir de la rémunération brute et non du salaire net.
Des dispositions conventionnelles peuvent également prévoir des règles particulières ou plus favorables.
3. Comment calculer l’IFM ? Exemple concret
Prenons l’exemple d’un salarié intérimaire ayant perçu au total 2 500 € brut au cours de sa mission.
Le calcul est le suivant :
2 500 € × 10 % = 250 €
L’intérimaire percevra donc 250 € brut d’IFM, en plus de sa rémunération brute correspondant à la mission.
Pour une rémunération brute totale de 4 000 €, l’IFM représentera :
4 000 € × 10 % = 400 €
Et pour 6 000 € brut :
6 000 € × 10 % = 600 €
Le montant dépend donc directement de la rémunération totale brute prise en compte pour la mission.
4. Qu’est-ce qui entre dans le calcul de l’IFM ?
L’IFM est calculée sur la rémunération totale brute due au salarié au titre de sa mission.
La rémunération d’un intérimaire ne correspond pas nécessairement uniquement à son salaire de base. Selon le poste occupé, la convention collective et les pratiques de l’entreprise utilisatrice, elle peut également comprendre certains accessoires de rémunération, majorations, primes ou indemnités.
C’est pourquoi deux intérimaires ayant travaillé pendant une durée identique peuvent ne pas percevoir exactement la même IFM.
Pour comprendre précisément les éléments entrant dans votre rémunération, pensez à consulter votre contrat de mission et votre bulletin de salaire.
5. Quand l’IFM est-elle versée ?
L’indemnité de fin de mission est versée par l’entreprise de travail temporaire, c’est-à-dire votre agence d’emploi.
Elle est versée à l’issue de la mission, avec le dernier salaire correspondant à celle-ci.
Son montant doit également apparaître sur le bulletin de salaire concerné.
Vous pouvez donc identifier distinctement cette indemnité lorsque vous consultez votre fiche de paie de fin de mission.
6. IFM et congés payés : quelle différence ?
Attention à ne pas confondre l’IFM avec l’indemnité compensatrice de congés payés (ICCP).
Il s’agit de deux indemnités différentes.
L’IFM vise à compenser le caractère temporaire de la mission.
L’indemnité compensatrice de congés payés correspond quant à elle aux droits à congés acquis au cours de la mission.
En intérim, le salarié bénéficie d’une indemnité compensatrice de congés payés pour chaque mission effectuée. Son montant ne peut être inférieur à 10 % de la rémunération totale brute perçue pendant la mission. L’IFM entre elle-même dans l’assiette servant au calcul de cette indemnité de congés payés.
7. Exemple avec IFM et congés payés
Imaginons une rémunération brute de 2 500 €.
L’IFM représente :
2 500 × 10 % = 250 €
La base utilisée dans cet exemple pour l’indemnité compensatrice de congés payés devient donc :
2 500 + 250 = 2 750 €
Soit une indemnité compensatrice de congés payés minimale de :
2 750 × 10 % = 275 €
On obtient donc, dans cet exemple simplifié :
salaire brut : 2 500 €
IFM : 250 €
indemnité compensatrice de congés payés : 275 €
Soit 3 025 € brut au total, avant prélèvement des cotisations sociales et autres retenues éventuelles.
8. L’IFM est-elle calculée en brut ou en net ?
C’est une question fréquente : les 10 % d’IFM sont calculés sur la rémunération brute, et non sur le salaire net versé sur votre compte bancaire.
L’IFM constitue par ailleurs un élément de rémunération : elle est soumise aux cotisations sociales et imposable.
Il ne faut donc pas considérer qu’une IFM de 300 € brut correspondra à 300 € supplémentaires versés en net sur votre compte.
9. Dans quels cas l’IFM n’est-elle pas versée ?
L’IFM est prévue à la fin d’une mission d’intérim, mais il existe plusieurs exceptions.
Elle n’est notamment pas due dans certaines situations prévues par le Code du travail, par exemple :
si l’intérimaire est immédiatement embauché en CDI par l’entreprise utilisatrice à l’issue de sa mission ;
en cas de rupture anticipée du contrat à l’initiative du salarié, hors situations particulières prévues par la réglementation ;
en cas de rupture anticipée pour faute grave ;
en cas de force majeure ;
dans certains contrats liés à la formation ;
pour certaines missions à caractère saisonnier ou d’usage lorsqu’un accord applicable prévoit l’absence d’IFM ;
dans le cadre des missions réalisées sous CDI intérimaire.
La situation doit donc être appréciée en fonction du contrat et des circonstances de la fin de mission.
10. Que se passe-t-il si l’entreprise me propose un CDI ?
La règle mérite une précision importante.
Si, immédiatement après votre mission, vous êtes embauché en CDI par l’entreprise utilisatrice dans laquelle vous effectuiez cette mission, l’indemnité de fin de mission n’est en principe pas due.
L’objectif de l’IFM étant de compenser la précarité liée au caractère temporaire du contrat, cette situation disparaît lorsque la mission débouche immédiatement sur un CDI auprès de l’entreprise utilisatrice.
En revanche, la situation est différente lorsqu’il s’agit par exemple d’un CDD. La nature du contrat proposé à l’issue de la mission a donc son importance.
11. Refuser un CDI fait-il perdre automatiquement l’IFM ?
Il faut distinguer le versement de l’IFM des règles concernant une proposition de CDI.
Depuis 2024, lorsqu’une entreprise utilisatrice propose à l’issue d’une mission un CDI portant sur le même emploi ou un emploi similaire, avec notamment un lieu de travail identique, cette proposition doit être notifiée par écrit. En cas de refus, l’entreprise utilisatrice doit, dans les conditions prévues par la réglementation, en informer France Travail.
Mais le simple fait de refuser une proposition de CDI ne figure pas, à lui seul, parmi les cas légaux supprimant automatiquement le droit à l’IFM.
Il ne faut donc pas confondre les conséquences éventuelles d’un refus de CDI sur les droits au chômage avec les règles propres au versement de l’indemnité de fin de mission.
12. L’IFM est-elle versée après chaque mission ?
Oui. Le Code du travail prévoit que l’indemnité est versée à l’issue de chaque mission effectivement accomplie, avec le dernier salaire dû au titre de celle-ci.
Elle apparaît sur le bulletin de salaire correspondant.
En cas de renouvellement du contrat, celui-ci est pris en compte dans la rémunération totale servant au calcul de l’indemnité.
13. Pourquoi les intérimaires bénéficient-ils d’une IFM ?
L’intérim répond à des besoins temporaires des entreprises : remplacement d’un salarié, accroissement temporaire d’activité ou encore réalisation de certaines missions définies par la réglementation.
Pour l’intérimaire, cela implique de travailler avec des contrats dont la durée est limitée.
L’indemnité de fin de mission a précisément pour objectif de compenser cette situation de précarité liée au caractère temporaire de l’emploi.
Elle constitue donc l’une des particularités importantes de la rémunération en intérim.
14. Où retrouver son IFM sur sa fiche de paie ?
L’IFM doit apparaître sur le bulletin de salaire correspondant à la fin de la mission.
Lorsque vous recevez votre bulletin, vérifiez notamment :
votre salaire de base ;
le nombre d’heures travaillées ;
les éventuelles heures supplémentaires ;
les primes et majorations applicables ;
l’indemnité de fin de mission ;
l’indemnité compensatrice de congés payés.
Comprendre ces différentes lignes permet de mieux vérifier le montant de sa rémunération.
15. À retenir sur l’IFM en intérim
L’indemnité de fin de mission est un élément important de la rémunération d’un intérimaire.
Dans le cas général, elle représente 10 % de la rémunération totale brute due pendant la mission et est versée avec le dernier salaire. Elle vient s’ajouter à la rémunération et ne doit pas être confondue avec l’indemnité compensatrice de congés payés.
Certaines situations peuvent cependant entraîner l’absence de versement de l’IFM, notamment une embauche immédiate en CDI par l’entreprise utilisatrice ou certains cas de rupture anticipée du contrat.
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